Non verbale, cachée, la violence transpire à travers les non-dits, les sous-entendus, les réticences, et par la même elle est vecteur d'angoisse.
Il n'y a jamais de communication directe. L'agression est perpétrée par le refus de nommer ce qui se passe, de discuter, de trouver ensemble des solutions. Il faut avant tout empecher l'autre de penser, de comprendre, de réagir.
Le droit d'être entendu est refusée à la victime.
Le refus de dialogue est une façon de dire sans l'exprimer directement que l'autre n'existe pas.
Avec le pervers le dialogue est tortueux, sans explication, et conduit à une aliènation mutuelle. Plus rien n'a de sens, les evidences sont niées. Un chose est dite et puis son contraire !
Il n'est pas rare que la victime ait recours aux courriers. Elle écrit pour demander des explications. N'ayant pas de réponse elle écrit à nouveau cherchant dans son comportement ce qui aurait pu justifier l'attitude de l'autre. Il se peut qu'elle finisse par s'excuset de ce qu'elle aurait pu faire pour justifier l'attitude de son agresseur.
Lorsqu'ils se décident à communiquer avec leur victime, on retrouvre souvent une voix froide , blanche, plate, monocorde, sans tonalité affective, qui glace, qui inquiète, laissant affleurer dans les propos les plus anodins le mépris ou la dérision. Cette tonalité implique des sous-entendus, des reproches non exprimés, des menaces voilées.
Les mots n'ont aucune importance, seule importe la manace.
Même lors d'échanges violents le ton ne monte pas, laissant l'autre s'énerver tout seul.
Le message d'un pervers est délibérement flou et imprécis, entrenant la confusion. Offrant des propos sans lien logique il entretient la coexistance de différents discours contradictoires.
Il peut aussi ne pas terminer ses phrases, laissant des points de suspension qui ouvrent la voie à toutes les interprétaétions, à tous les malentendus.
Un autre procédé verbal est d'utiliser un langage technique, abstrait, dogmatique, pour entrainer l'autre dans des considérations auxquelles il ne comprend rien, et pour lesquelles il n'ose pas demander d'explications. En parlant d'un ton docte, il impressionne son auditoire avec une érudition superficielle, utilisant des mots techniques sans se préocuper de leur sens. Ce qui importe c'est la forme plus que le fond.
Donner l'impression de savoir mieux, de détenir la vérité.
Le pervers énonce des propositions qui paraissent universellement vraies.
Le pervers "sait", il a raison.
En cela il attire des partenaires qui ne sont pas surs d'eux, qui tendent à penser que les autres savent mieux. Ils sont tout à fait "rassurants" pour des partenaires plus fragiles.
La victime se soumet, , elle est subjuguée, controlée, déformée.
Plus souvent qu'un mensonge direct, le pervers utilise un assemblage de sous-entendus, de non-dits destiné à créer un malentendu. Dire sans dire est une façon habile de faire face à n'importe quelle situation. Ces tecniques indirectes déstabilisent le partenaire et l'amènent à douter de la réalité de ce qui vient de se passer.
Un autre type de mensonge indirect consiste à répondre de façon imprésice ou à côté, ou par une attaque qui fait diversion.
Ils trouvent toujours un moyen d'avoir raison. Et la confusion permanente de la verité et du mensonge induit le trouble chez la victime.
Lors de la phase de destruction le mensonge devient plus direct. C'est alors un mensonge au mépris de toute évidence.Quelle que soit l'énormité du mensonge le pervers s'y accroche et finit par convaincre l'autre. Verite ou mensonge, cela importe peu : ce qui est vrai est ce qu'il disent dans l'instant
C'est une phase de haine à l'état pure, extrement violente faite de coups bas et d'injures, de paroles qui rabaissent, humilient, tournent en dérision tout ce qui appartient en propre à l'autre. Tout ce qui existait de façon souterraine apparait désormais au grand jour. L'entreprise de démolition devient systématique.
Quand la haine s'exprime franchement c'est avec le souhait de la destruction, de l'anéantissement de l'autre. Par un phénomène de projection la haine de l'agresseur est à la mesure de la haine qu'il imagine que sa victime lui porte. Il la voit comme un monstre destructeur, violent, néfaste.
Dans la réalité à ce stade la victime n'arrive à éprouver ni haine ni colère, ce qui lui permettrait pourtant de se protéger.
La séparation ou l'éloignement ne vient en rien apaiser cette haine.